Double top en trading : reconnaître, valider et trader la figure en M
Double top en trading : comment repérer la figure en M, attendre la cassure de la ligne de cou, placer stop et objectif, et la combiner aux bougies de retournement.

Double top en trading : reconnaître, valider et trader la figure en M

Le double top (ou double sommet) est une figure de retournement qui apparaît après une hausse : le prix butte deux fois sur le même niveau, redescend, puis peut casser le creux intermédiaire. Cette cassure, appelée ligne de cou, est le vrai signal. Tant qu’elle n’a pas lieu, vous n’avez qu’une hypothèse, pas un trade. Voici comment identifier la figure, la valider, placer votre stop et votre objectif, puis l’associer aux bougies de retournement (pin bar, marteau inversé, englobante).
En bref
- Le double top est une figure en « M » : deux sommets proches du même niveau, séparés par un creux. Il signale un possible essoufflement de la tendance haussière, rien de plus.
- La validation vient de la clôture sous la ligne de cou. Selon une étude de Thomas Bulkowski, le taux d’échec de la figure atteint 65 %, et attendre la cassure le ramène à environ 17 %.
- Le stop se place au-dessus du second sommet, l’objectif à une distance égale à la hauteur de la figure sous la ligne de cou. Si le rapport gain/risque est mauvais, on passe son tour.
- Les bougies de retournement servent de confirmation d’entrée, jamais de signal isolé.
- Une figure ne remplace pas la gestion du risque : c’est elle qui décide de votre survie sur la durée.
Table des matières
- À quoi ressemble un double top
- Valider la figure : la ligne de cou décide de tout
- Entrée, stop, objectif : un exemple chiffré
- Les bougies qui accompagnent un double top
- Combiner la figure avec les autres unités de temps
- Ce que la figure ne fait pas pour vous
- Notre point de vue : une figure est une checklist, pas une intuition
- Gagner du temps sur l’analyse avec TP Scanner
- FAQ
- Sources
À quoi ressemble un double top
La figure se construit en quatre temps, toujours après un mouvement haussier net :
- Le prix monte et forme un premier sommet.
- Il recule jusqu’à un creux, qui définit la ligne de cou (un support).
- Il remonte vers le niveau du premier sommet, sans le dépasser nettement : c’est le second sommet.
- Il redescend et, si les vendeurs l’emportent, clôture sous la ligne de cou.
Les deux sommets n’ont pas besoin d’être strictement identiques. Investopedia décrit la figure comme deux pics distincts à un niveau de prix très proche, signalant un renversement potentiel d’une tendance haussière. Babypips insiste sur le point essentiel : les sommets sont des zones que le prix n’arrive pas à franchir, et la figure n’a de sens qu’après un mouvement haussier étendu. Un « M » dessiné au milieu d’un marché sans tendance n’annonce pas grand-chose.
Son miroir est le double bottom (double creux, figure en « W »), qui se lit à l’envers : deux creux au même niveau en fin de baisse, validation par la cassure de la résistance intermédiaire.
Les critères qui rendent la figure plus fiable
Tous les « M » ne se valent pas. Les mêmes travaux de Bulkowski, cités plus haut, indiquent que les figures dont les sommets sont rapprochés dans le temps ou dont le creux intermédiaire est profond donnent de meilleurs résultats que celles aux sommets très espacés ou au creux peu marqué. Les cassures accompagnées d’un volume en expansion réussissent aussi nettement plus souvent.
En pratique, avant de vous intéresser à une figure, vérifiez :
- La tendance précédente : y a-t-il vraiment eu une hausse à retourner ?
- La symétrie : deux sommets à peu près au même niveau, séparés par un creux visible.
- La profondeur du creux : un creux trop léger donne une ligne de cou fragile.
- Le volume : il s’accroît-il à la cassure ? Attention, sur le Forex, il n’existe pas de volume centralisé réel, ce critère s’applique surtout aux actions, futures et cryptos cotées sur des places identifiables.
- L’unité de temps : une figure sur un graphique journalier pèse plus qu’un « M » de 5 minutes.
Valider la figure : la ligne de cou décide de tout
Le piège classique est de vendre au second sommet, parce que « ça ressemble à un M ». C’est anticiper une figure qui n’existe pas encore. Le chiffre le plus utile de ce sujet est celui de Bulkowski : un taux d’échec de 65 % pour les figures à double sommet, qui chute autour de 17 % quand on attend la cassure de la ligne de cou. La confirmation est le facteur décisif.
Concrètement, une validation propre réunit :
- une clôture sous la ligne de cou, pas une simple mèche qui la traverse ;
- idéalement, une bougie de cassure franche, avec un corps net ;
- un éventuel retest : le prix remonte toucher la ligne de cou par en dessous, qui devient résistance, puis repart à la baisse. L’entrée sur retest est souvent plus propre, mais elle n’a pas toujours lieu et vous fait parfois rater le mouvement.
Si le prix repart au-dessus du second sommet, la figure est invalidée. C’est précisément pour cela que le stop se place là.
Entrée, stop, objectif : un exemple chiffré
L’exemple ci-dessous est fictif et pédagogique, il ne décrit pas un trade réel.
Un EUR/USD monte jusqu’à 1,1000, recule à 1,0900, remonte à 1,0990 puis redescend. Le prix clôture à 1,0890 sous la ligne de cou (1,0900).
| Élément | Niveau | Logique |
|---|---|---|
| Ligne de cou | 1,0900 | Creux entre les deux sommets |
| Hauteur de la figure | 100 pips | 1,1000 moins 1,0900 |
| Entrée | 1,0890 | Clôture sous la ligne de cou |
| Stop | 1,1010 | Au-dessus du sommet le plus haut (120 pips de risque) |
| Objectif | 1,0800 | Hauteur de la figure projetée sous la ligne de cou (90 pips de gain depuis l’entrée) |
La méthode de l’objectif mesuré, qui reporte la hauteur de la figure à partir de la cassure, est décrite dans les guides de référence comme StockCharts ChartSchool. Il s’agit d’une estimation, pas d’une promesse.
Regardez maintenant le rapport : 90 pips de gain potentiel pour 120 pips de risque, soit 0,75 pour 1. Ce trade n’est pas intéressant, même si la figure est parfaite. Dans ce cas, trois options : attendre un retest qui rapproche l’entrée de la ligne de cou, resserrer le stop sous un niveau logique, ou ne rien faire. Ne pas prendre un trade fait partie du métier.
Dimensionner la position
Une fois le stop connu, la taille de position en découle. Une règle courante, rappelée par Signal Alpha, consiste à ne pas risquer plus de 1 % du capital par trade : sur 5 000 €, cela fait 50 €. Avec un stop à 120 pips, 50 € de risque correspondent à environ 0,42 € par pip. C’est le stop qui fixe la taille, jamais l’inverse. Nous détaillons ce calcul dans notre article sur le risque par trade et la règle qui protège votre capital.
Les bougies qui accompagnent un double top
Le second sommet est souvent marqué par une bougie de rejet. Ces bougies ne valent rien seules, mais elles aident à lire le comportement des acheteurs sur la zone de résistance.
Pin bar
La pin bar a un petit corps et une longue mèche d’un seul côté. Dans le cas d’un sommet, la longue mèche est en haut : le prix est monté, puis a été violemment rejeté. Elle est surtout significative à un extrême de mouvement, comme le souligne DailyForex. Une pin bar baissière sur le second sommet d’un M renforce l’hypothèse, sans la valider : la cassure de la ligne de cou reste le déclencheur.
Marteau inversé et étoile filante
Le marteau inversé a un petit corps en bas et une longue mèche haute. Son nom prête à confusion : en bas de tendance baissière, il évoque un possible retournement haussier ; la même forme en haut de hausse s’appelle une étoile filante et s’interprète comme baissière. Sur un double top, c’est donc l’étoile filante que vous cherchez au sommet, et le marteau inversé que vous rencontrerez plutôt sur un double bottom.
Bougie englobante
Une englobante baissière est une bougie rouge dont le corps recouvre celui de la bougie haussière précédente. Placée juste après le second sommet, ou lors de la cassure de la ligne de cou, elle indique que les vendeurs ont repris le contrôle. Sa version haussière, l’englobante haussière, est le pendant côté double bottom : un setup d’achat après deux creux, avec stop sous le plus bas.
| Bougie | Contexte | Lecture |
|---|---|---|
| Pin bar baissière | Au second sommet | Rejet marqué du niveau |
| Étoile filante | Au second sommet | Même forme, lecture baissière |
| Marteau inversé | En bas de baisse | Possible retournement haussier |
| Englobante baissière | Après le second sommet ou à la cassure | Reprise de contrôle des vendeurs |
| Englobante haussière | Après un double bottom | Confirmation d’un achat |
Combiner la figure avec les autres unités de temps
Un double top sur un graphique de 15 minutes qui s’inscrit dans une forte tendance haussière journalière a peu de chances d’aller loin. À l’inverse, un M sur le 4 heures, dont le second sommet touche une résistance journalière, a un contexte bien plus solide. Regarder deux ou trois unités de temps avant d’entrer évite beaucoup de faux signaux : c’est le principe de l’analyse multi-timeframe.
Ce que la figure ne fait pas pour vous
Une figure de retournement donne un cadre : un niveau d’invalidation, une cible, un scénario. Elle ne garantit rien, et la littérature sur le trading de détail est sévère. D’après les données AMF reprises par Emprunt Patriotique, entre 77 % et 89 % des particuliers actifs sur CFD et Forex perdent de l’argent, avec une perte moyenne de 10 887 € par client sur quatre ans pour ceux qui perdent. Une analyse publiée sur MPRA conclut que le trading actif de détail, dans son usage typique, a les caractéristiques d’un jeu à espérance négative, et que le succès tient moins à la reconnaissance de figures qu’à la gestion du risque. Les CFD et le Forex sont des produits à effet de levier qui peuvent entraîner des pertes supérieures au capital investi selon les cas : n’engagez que de l’argent dont vous pouvez supporter la perte, et parlez à un conseiller en investissements financiers agréé si vous avez un doute sur votre situation.
Le second ennemi est dans votre tête. Le biais de confirmation vous pousse à voir un M partout dès que vous êtes déjà vendeur, et l’effet de disposition à couper vos gains trop tôt et garder vos pertes. Les figures n’y changent rien : seule une méthode écrite et systématique aide. Nous en parlons dans notre article sur le biais de confirmation en trading.

Notre point de vue : une figure est une checklist, pas une intuition
Chez TP Scanner, nous voyons passer des graphiques de toutes sortes, et le même schéma revient : le trader repère une figure qui lui plaît, puis ne voit plus que ce qui la confirme. Le double top est l’exemple parfait, parce qu’il est facile à dessiner après coup et difficile à valider en direct.
Notre conviction est simple. Une figure devient utile quand on la traite comme une liste de conditions : tendance préalable, deux sommets proches, ligne de cou identifiée, clôture de cassure, stop à un niveau logique, rapport gain/risque acceptable, taille de position calculée. Si une case manque, il n’y a pas de trade. Écrire cette liste avant d’entrer est la meilleure protection contre soi-même, que l’on débute ou que l’on trade depuis dix ans.
C’est dans cet esprit que nous avons conçu l’outil : plutôt que de vous laisser interpréter seul un graphique, il structure l’analyse (instrument, unité de temps, niveaux clés, entrée, stop, take-profit) et la rend relisable. La décision reste la vôtre, et aucun outil ne vous dispense de gérer le risque.
— Mathieu
Gagner du temps sur l’analyse avec TP Scanner
Vérifier à la main la ligne de cou, le stop, l’objectif, le rapport gain/risque et la confluence sur plusieurs unités de temps prend du temps, surtout si vous surveillez plusieurs actifs. TP Scanner part d’une simple capture d’écran : il détecte l’instrument, l’unité de temps et les niveaux clés, puis propose un plan de trade avec entrée, stop-loss et take-profit, un calcul de taille de position selon votre risque, et l’analyse de confluence multi-timeframe. Aucun prompt à rédiger, et les captures sont supprimées après analyse.
Vous pouvez tester une analyse gratuitement. Ensuite, les formules sont : Essentiel à 23 € par mois ou 276 € par an, Avancé à 63 € par mois ou 756 € par an, Pro à 119 € par mois ou 1 428 € par an, selon le volume d’analyses dont vous avez besoin. Découvrez les formules sur tpscanner.com ou lisez comment analyser un trade en 30 secondes.
FAQ
Quelle est la différence entre un double top et un double bottom ?
Le double top est une figure de retournement baissier qui se forme après une hausse, avec deux sommets et une ligne de cou en support. Le double bottom en est le miroir : deux creux après une baisse, validation par la cassure de la résistance intermédiaire. Les règles de validation, de stop et d’objectif sont les mêmes, inversées.
Comment valider un double bottom ?
On attend une clôture au-dessus de la ligne de cou, c’est-à-dire du plus haut situé entre les deux creux. Une englobante haussière ou une forte bougie de cassure aide, et un volume en hausse renforce le signal. Le stop se place sous le plus bas des deux creux.
Un double top est-il toujours fiable ?
Non. D’après l’étude de Bulkowski citée plus haut, 65 % de ces figures échouent, un taux qui tombe à environ 17 % si l’on attend la cassure de la ligne de cou. Même validée, la figure peut échouer : le stop sert à limiter la perte dans ce cas.
Quelle unité de temps choisir pour trader un double top ?
Les figures sur des unités de temps plus longues (4 heures, journalier) sont généralement plus significatives que celles de 1 ou 5 minutes, où le bruit est important. Le plus utile est de vérifier que la figure s’accorde avec la tendance et les niveaux des unités supérieures.
Sources
- Chart Pattern Surprises, Bulkowski (Technical Analysis of Stocks & Commodities)
- Double Top Pattern, Investopedia
- Double top et double bottom, Babypips
- Double Top Reversal, StockCharts ChartSchool
- Trading débutant 2026, Signal Alpha
- Spéculer en bourse : statistiques de pertes AMF, Emprunt Patriotique
- Le trading actif de détail comme mécanisme de revenu, MPRA
- Qu’est-ce qu’un pin bar en trading ?, DailyForex
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